Imaginez oublier une présentation sur votre Mac et vouloir la récupérer depuis votre iPhone en chemin. C’est exactement l’usage qu’Anthropic vend avec Dispatch, lancé le 17 mars 2026. La fonctionnalité permet de piloter une session Claude Cowork active sur un ordinateur de bureau depuis l’application mobile Claude. Problème : les premiers tests publiés par MacStories affichent un taux de réussite d’environ 50%. Un research preview assumé. L’écart entre la promesse et ce que ça fait réellement reste notable.
Qu’est-ce que Dispatch ?
Dispatch connecte l’application mobile Claude à une session Cowork ouverte sur un Mac. L’utilisateur envoie une instruction depuis son téléphone, Claude l’exécute sur le bureau en accédant aux fichiers locaux et aux connecteurs configurés, puis signale quand c’est terminé. Un seul fil de conversation synchronisé entre les deux appareils, couplage initial par QR code.
Cowork est le mode agent de Claude Desktop, lancé en janvier 2026. Il permet à Claude d’exécuter des tâches multi-étapes en accédant au système de fichiers local, aux connecteurs (Google Workspace, Notion, DocuSign) et aux plugins du marketplace. Dispatch en est le prolongement mobile : le Mac fait le travail, le téléphone donne les ordres.
L’architecture reprend celle de Remote Control dans Claude Code, la version développeur en ligne de commande. Anthropic applique un schéma déjà testé côté technique et l’adapte aux cas d’usage bureautiques grand public.
Ce qui fonctionne et ce qui échoue
John Voorhees chez MacStories a testé Dispatch de manière exhaustive dès le lancement. Résultat global : environ une tâche sur deux aboutit. La récupération d’informations tient la route : localiser des captures d’écran avec du texte spécifique, résumer des notes Notion récentes, lister et ajouter des URLs dans une base de données, synthétiser des emails. Ces cas passent.
L’interaction avec les applications actives tombe régulièrement à plat. Ouvrir une application : échec. Envoyer un fichier via iMessage : échec. Lister des tâches Todoist : erreur d’autorisation. Accéder à un terminal ou récupérer l’URL active dans Safari : non fonctionnel. La règle pratique : Dispatch récupère des données passives correctement, il ne contrôle pas des processus actifs avec fiabilité.
La vitesse est l’autre point faible. Les requêtes s’accumulent quand plusieurs tâches sont soumises simultanément et le traitement est lent même en file simple. Anthropic l’intègre dans sa communication : « research preview », améliorations attendues dans les semaines qui suivent.
Disponibilité et prix
Au lancement, Dispatch est accessible uniquement aux abonnés Max, le plan premium à 90 € par mois (ou 200 € pour la version 20x). L’accès au plan Pro, à 20 € par mois, était annoncé pour « les prochains jours ». Cowork reste réservé aux plans payants : Pro, Max, Team et Enterprise. La version gratuite de Claude.ai n’y accède pas.
2 contraintes techniques à retenir : le Mac doit rester allumé et l’application Claude Desktop doit être ouverte en permanence. Si la session se ferme, tout s’arrête. Claude ne conserve par ailleurs aucune mémoire entre les sessions Cowork, comme le précise la documentation officielle d’Anthropic.
Cowork consomme plus de quota d’utilisation qu’une conversation standard, en raison des tâches multi-étapes. Pour les abonnés Pro, cela peut se traduire par des limites atteintes plus rapidement qu’en usage chat classique.
Le timing et le contexte Microsoft
Le 9 mars 2026, soit 8 jours avant Dispatch, Microsoft a lancé Copilot Cowork en partenariat avec Anthropic. Copilot Cowork intègre les capacités de Claude dans Microsoft 365 pour des tâches longues sur Teams, Word, Excel et Outlook. Le produit est en research preview limité, avec un déploiement plus large attendu fin mars dans le programme Frontier.
Anthropic fournit la technologie à Microsoft mais continue de pousser sa propre expérience via Claude.ai. Dispatch renforce ce canal direct en ajoutant une dimension mobile que Copilot Cowork n’a pas encore. C’est un positionnement clair : ne pas être uniquement un fournisseur de modèles et garder une relation directe avec les utilisateurs finaux.
L’absence d’API Cowork et de hooks natifs vers des outils comme Zapier, Make ou n8n reste notable. Dispatch est une fonctionnalité de délégation humaine, pas un outil d’automatisation sans supervision. Ceux qui espèrent intégrer Cowork dans des workflows autonomes devront attendre.
Un outil à tester avec indulgence
Dispatch est utile dans un cas précis : déclencher une tâche de récupération ou de synthèse sur son ordinateur pendant qu’on est mobile, sans attendre d’être de retour au bureau. À 50% de taux de réussite sur les tests disponibles, ce n’est pas un outil à déployer en production. Anthropic annonce des améliorations rapides. Le vrai test sera de voir si la fiabilité suit quand Dispatch sort du stade research preview. Pour l’instant, c’est une démonstration d’intention plus qu’un produit fini.
Dispatch est-il disponible sur le plan Pro de Claude ?
Au lancement le 17 mars 2026, Dispatch était réservé aux abonnés Max (à partir de 90 € par mois). Anthropic a annoncé un accès au plan Pro (20 € par mois) dans les jours suivants. Cowork en général reste inaccessible au plan gratuit.
Faut-il laisser son Mac allumé pour utiliser Dispatch ?
Oui. Dispatch exige que le Mac soit allumé et que l’application Claude Desktop soit ouverte. Si la session se ferme, les tâches en cours s’arrêtent. Claude ne conserve aucune mémoire de la session précédente au redémarrage.
Quelle est la différence entre Cowork et Dispatch ?
Cowork est le mode agent de Claude Desktop qui exécute des tâches multi-étapes en local sur votre ordinateur. Dispatch est une extension de Cowork qui permet de déclencher et surveiller ces tâches depuis l’application mobile Claude, sans être devant son ordinateur.