Vous avez utilisé Claude sur claude.ai. Vous avez trouvé ça bien. Vous pensez que c’est Claude Code. Ce n’est pas Claude Code.
Cette confusion coûte cher. Des développeurs qui croient utiliser un agent IA puissant alors qu’ils font du chat glorifié. Des non-techniques qui installent le terminal alors qu’une appli graphique leur suffirait. Et tout le monde qui passe à côté des 80% de puissance qu’ils ont déjà payés.
Claude Code est disponible en trois interfaces principales : le terminal CLI, l’application desktop et la version web. Même moteur. Trois niveaux d’autonomie radicalement différents.
Ce que l’interface web fait vraiment
La version web de Claude Code s’utilise depuis un navigateur, sans rien installer. Pratique. Mais elle tourne dans un environnement cloud isolé : Claude n’accède pas à vos fichiers locaux.
Ce que ça change concrètement : vous pouvez connecter un dépôt GitHub, lancer des tâches longues qui tournent quand votre ordinateur est éteint, travailler sur un repo que vous n’avez pas en local. Ce que vous ne pouvez pas faire : modifier vos fichiers locaux directement, accéder à votre environnement de développement, vos variables d’environnement, vos outils installés sur la machine.
La version web est aussi disponible sur l’application iOS. Vous lancez une tâche depuis votre téléphone, vous vérifiez le résultat plus tard. C’est son point fort : le travail asynchrone à distance.
Pour des tâches ponctuelles sur des repos publics ou des missions qui durent plusieurs heures sans surveillance, c’est légitime. Pour du développement actif sur votre codebase locale, ça ne suffit pas.
L’application desktop : le compromis visuel
L’application desktop est une interface graphique autonome, distincte de claude.ai. Elle tourne sur votre machine. Elle accède à vos fichiers locaux. Et elle affiche les changements de manière visuelle.
Selon la documentation officielle Anthropic, elle permet de
« Review diffs visually, run multiple sessions side by side, schedule recurring tasks, and kick off cloud sessions. »
Deux fonctionnalités méritent d’être nommées. La première : Cowork, un mode agent qui fait tourner des sous-tâches en arrière-plan pendant que vous continuez à travailler. La deuxième : les tâches planifiées en local, qui s’exécutent sur votre machine avec accès à vos outils installés.
L’application desktop cible ceux qui veulent la puissance de Claude Code sans toucher à une ligne de commande. Elle cible aussi les profils non-techniques qui ont besoin de voir ce que Claude modifie avant de valider. Les diffs visuels côte à côte remplacent la lecture d’un flux de texte dans un terminal.
Limite : moins scriptable que le CLI. Pas intégrable dans un pipeline CI/CD. Si vous avez besoin d’automatisation poussée, le terminal reprend l’avantage.
Le terminal CLI : là où Claude touche réellement votre code
Le terminal CLI est l’interface d’origine. Vous l’installez avec une commande, vous le lancez depuis n’importe quel répertoire de projet. Claude Code a alors un accès complet à vos fichiers, votre git, vos commandes système.
C’est la seule interface qui s’intègre nativement dans les pipelines CI/CD. Vous pouvez piper des logs dans Claude, automatiser des revues de code à chaque PR, lancer des audits de dépendances sur cron. La documentation officielle donne cet exemple :
« tail -200 app.log | claude -p ‘Slack me if you see any anomalies’ »
Vous pouvez aussi utiliser git worktree avec des agents parallèles : chaque agent travaille sur une copie indépendante du repo, sans conflit. Pour les refactorings massifs ou les migrations de codebase, c’est un différenciateur réel.
Et il y a /teleport : une commande qui transfère une session terminal vers l’application desktop pour visualiser les diffs. Vous travaillez en CLI, vous passez en mode visuel pour valider. Les deux interfaces communiquent.
La barrière d’entrée est réelle. Si vous n’avez jamais utilisé un terminal, le CLI est une non-option au départ. Mais si vous développez professionnellement, c’est l’interface qui donne accès à la totalité des capacités de Claude Code.
Les extensions IDE : le quatrième acteur oublié
Claude Code est aussi disponible en extension pour VS Code, Cursor, IntelliJ, PyCharm et WebStorm. Ce n’est pas le sujet principal ici. Ça mérite une mention.
L’extension VS Code apporte les diffs inline, les mentions @fichier et l’historique de conversation directement dans l’éditeur. Pour ceux qui ne quittent jamais leur IDE, c’est la façon la plus fluide d’accéder à Claude Code. Elle ne remplace pas le CLI pour l’automatisation mais elle réduit le nombre de fenêtres ouvertes.
Quelle interface choisir selon votre usage ?
| Interface | Accès fichiers locaux | Automatisation CI/CD | Sans installation | Diffs visuels |
|---|---|---|---|---|
| Terminal CLI | Oui, complet | Oui | Non | Non (texte) |
| Application desktop | Oui, complet | Non | Non | Oui |
| Web (navigateur) | Non (cloud uniquement) | Non | Oui | Oui |
| Extension IDE | Oui, via l’éditeur | Partiel | Non | Inline |
Les trois interfaces partagent le même abonnement. Pro à 20 dollars par mois, Max à partir de 100 dollars par mois. Vous n’avez pas à choisir une interface définitivement : vous pouvez utiliser le web pour des tâches longues la nuit et le terminal pour le travail actif en journée.
L’erreur que tout le monde fait au départ
Confondre claude.ai avec Claude Code. Ce sont deux produits distincts.
Claude sur claude.ai est un assistant conversationnel. Vous lui collez du code, il répond. Il n’a pas accès à votre projet, vos fichiers, vos commandes. Chaque conversation repart de zéro.
Claude Code est un agent. Il lit votre codebase entière, modifie des fichiers, lance des tests, crée des commits. La différence n’est pas de degré. C’est une différence de nature.
Si vous n’utilisez que claude.ai pour coder, vous avez un copilote qui ne peut pas tenir le volant.
Comment passer d’une interface à l’autre
Les interfaces ne sont pas étanches. La documentation Anthropic décrit plusieurs ponts entre elles.
/teleport transfère une session terminal vers le desktop. /desktop fait l’inverse. Vous pouvez démarrer une tâche sur le web depuis votre téléphone, puis la récupérer dans votre terminal avec /teleport quand vous êtes de retour à votre bureau.
Dispatch, la fonctionnalité de l’application desktop, permet d’envoyer une tâche depuis votre téléphone et d’ouvrir la session desktop correspondante sur votre ordinateur. Remote Control permet de contrôler une session locale depuis n’importe quel navigateur.
Ce n’est pas un choix d’interface. C’est un workflow distribué.
La vraie question n’est pas « quelle interface est la meilleure ? » mais « est-ce que ce que vous appelez Claude Code en ce moment touche réellement vos fichiers ? »